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Santé des migrants : quels sont les ressorts de l’exclusion ?
L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé a passé en revue la littérature sur la migration et l’intégration sociale. Tout l’intérêt était de peser les variables socio-économiques qui influent sur l’état de santé.
La position sociale occupée par les immigrés, ainsi que leur accès à l’emploi, sont plus limités que ceux des Français, relevait l’Insee en 2005. Les différences qui en découlent en termes de revenu et de catégorie sociale expliquent respectivement 42,5% et 16% des disparités de santé perçue.
Certaines habitudes culturelles ou sanitaires acquises conservent heureusement un effet protecteur. La faible consommation d’alcool ou le régime particulièrement riche en fruits et légumes de certaines communautés peuvent expliquer leur meilleur état de santé.
La notion de distance sociale n’est en fin de compte pas mineure. Elle repose essentiellement sur la durée de résidence. Des facteurs liés à la précarité du lien social, voire à l’exclusion participent de la dégradation. D’après Berchet et Jusot en 2009, la différence de capital social expliquerait 54% des disparités.
Des processus d’acculturation se jouent de la discrimination pour montrer que l’état de santé des immigrés de seconde génération rejoint celui des natifs. L’adoption des pratiques culturelles dépend notamment des conditions générales d’accueil. En matière de prévention par exemple, les différences s’exercent moins sur la vaccination que sur le dépistage. D’après Julie Vallée, géographe de la santé, les femmes étrangères en région parisienne déclarent moins fréquemment avoir bénéficié d’un frottis cervical que les Françaises.
Estelle Carde, sociologue québécoise, ajoute que des médecins maîtrisent encore difficilement les différences de représentation des maladies et des soins. Ce qui fait courir le risque de diagnostics mal interprétés et de traitements erronés.
Orienter et simplifier font partie des remèdes. Les dispositifs rapprochés de santé publique doivent s’approprier et confirmer le rôle central du lien social. L’accès aux droits de l’Aide médicale d’Etat, qui favorise le soin pour toute personne démunie, peut encore être facilité.
Rendez-vous à l’Irdes, le 6 mars prochain, pour envisager les perspectives de l’intégration sociale des migrants en Europe.
Pour en savoir plus
État de santé et recours aux soins des immigrés : une synthèse des travaux français, « Questions d’économie de la santé », Irdes, n°172, janvier 2012










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