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Acteurs et territoires à pied d’oeuvre pour le « logement d’abord »
Rien n’est plus favorable à la dépression, aux psychoses, à la démence ou aux addictions que la précarité. D’après l’Eurobaromètre « Poverty and Exclusion » en 2007, les Français sont les premiers en Europe à mettre en avant l’emploi et le logement comme explications du phénomène. La prise de conscience est honorable, mais il faut changer la logique. Le logement n’est plus la finalité, mais la condition de la réinsertion.
Comme chaque année, la trêve hivernale a débuté le 1er novembre. Et comme chaque année, le nombre de personnes concernées augmente. 500 000 ménages en situation d’impayés profitent de cette mesure qui interdit toute expulsion jusqu’au 15 mars.
Depuis plusieurs mois, le Collectif des Associations unies pour l’aide aux personnes mal-logées interpelle les pouvoirs publics sur l’initiative d’une journée de mobilisation pour le logement. Les acteurs locaux et associatifs, la Fnars et l’Uriopss ne pouvaient que relayer cet engagement.
Passer le cap de l’hébergement
Mi-octobre, à la suite d’un appel à candidatures, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement et son secrétaire d’Etat, Benoist Apparu, annonçaient la sélection de dix territoires pilotes pour la mise en œuvre d’une stratégie du « Logement d’Abord ». « Plus de 20 000 personnes sortent chaque année de l’hébergement vers un logement, rappellent-ils, ce que nous voulons, c’est amplifier cette dynamique en créant un véritable accompagnement qui répond aux besoins des personnes ».
En conclusion des Assises nationales du « Logement d’Abord », le 9 décembre, M. Apparu a indiqué qu’« une coopération constructive avec les départements sera recherchée, afin de mener cette réforme de façon concertée, et selon les compétences de chacun ». Il confirme par ailleurs la montée en charge des dispositifs d’hébergement à hauteur d’un budget « stabilisé » sur la période 2010-2012.
Dans les centres d’hébergement d’urgence (CHU) et de réinsertion sociale (CHRS) justement, travailleurs pauvres, personnes en situation irrégulière ou fragiles mentalement continuent de se côtoyer au mépris de toute humanité. Ils n’ont rien à y faire, et le problème se retrouve dans bien d’autres pays. Julien Damon, professeur associé à Sciences-Po Paris et ancien rapporteur du Grenelle de l’insertion, recommande la décentralisation de la politique de prise en charge des sans-abri. L’Union européenne, les villes moyennes et les métropoles seraient les premières intéressées.
« Ce qui est réaliste, c’est de remembrer les logements périurbains vacants dans ces régions », Île-de-France, Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais en tête où « les tensions à la demande sont puissantes », remarque M. Damon. Le relogement sera accéléré notamment à travers le développement des pensions de famille, passées de 3 800 en 2007 à 10 000 aujourd’hui. 15 000 places seront ouvertes dans les deux années à venir.
Expériences européennes
Les fonds nationaux sont renouvelés chaque année, sans lisibilité et sans effort d’uniformisation. Chaque Etat alimente un système qu’il suppose être le plus adéquat sur son territoire. Chaque pays préserve sa culture, mais « dans un Espace Schengen ouvert, qu’ils soient à Berlin, Bruxelles ou Paris, les sans-abris se fichent éperdument de la situation politique du pays qui les accueille », souligne Julien Damon.
C’est seulement en 2009 que le sans-abrisme est devenu un thème de travail de la Commission européenne. Auparavant, la comparaison des situations, des règles juridiques et des politiques restait limitée. Des outils existent cependant. La grille ETHOS (European Typology on Homelessness and housing exclusion), imaginée par la FEANTSA [1], facilite la collecte de données, les recherches et le suivi des politiques. Elle met de côté les définitions nationales pour mieux classer les personnes sans abri suivant leur situation de vie.
Depuis dix ans, le programme européen Grundtvig s’adresse aux organismes et aux personnels travaillant avec des adultes à condition qu’ils soient sortis du système éducatif. Il encourage la coopération transnationale.
Certaines associations au Danemark, en Italie, en Lituanie et en France ont commencé à s’accorder sur la question de l’exclusion psychique. Elles ont décidé d’échanger et d’investir davantage dans le soin. Elles espèrent favoriser la réinsertion active de la personne en mêlant la mobilité de leurs équipes et la stabilité du logement.
Pour en savoir plus
[1] Fédération Européenne des Associations Nationales Travaillant avec les Sans-Abri










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