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Dépendance : Etat des lieux, dans l’attente de conclusions
1,15 million de personnes sont concernés en 2011 par l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA). 1,7 million, voire plus sont attendus à l’horizon de 2040, si l’on en croît les estimations des experts. Certes la population vieillit, mais elle semble vieillir mal. 74% des personnes dépendantes sont diagnostiquées démentes, dont 55% atteintes de la maladie d’Alzheimer en 2010. Lors d’un débat sur « la perte d’autonomie et la dépendance » organisé à Lille par la Mutualité française le 9 juin dernier, Jean-Louis Salomez, épidémiologiste, président de la CRSA (Commission régionale de la santé et de l’autonomie), a indiqué que « si l’espérance de vie en bonne santé augmente en France, (actuellement 78,1 ans pour les hommes et 84,8 ans pour les femmes), le taux de dépendance lourde ne semble pas régresser par âge selon les dernières études« . A contrario ajoute-t-il, « le nombre d’aidants d’ici à 2040 est amené à diminuer », du fait notamment d’une réduction du nombre d’enfants d’une part, et de l’augmentation du nombre de séparations d’autre part.
Dès lors, dans ce contexte sociodémographique inconfortable, se fixent plusieurs problématiques. En premier lieu, beaucoup s’interrogent sur la manière de financer la prise en charge de la dépendance. Dans un second temps, l’heure est aussi à l’identification des besoins de demain. Les acteurs l’ont bien compris, la seule question des financements ne règlera pas le souci de la dépendance.
Une forte augmentation des dépenses
Dans l’attente d’une réforme, le débat sur la dépendance se porte essentiellement sur les financements. Quoi de plus normal, peut être ? Car, tant pour les familles que pour l’Etat, la prise en charge des personnes dépendantes coûte excessivement chère. 2 300 euros, c’est le coût moyen d’un placement dans un établissement spécialisé. 1 800 euros pour l’assistance à domicile. Inversement, le salaire médian français est de 1 580 euros. Et l’APA est elle de 1 200 euros pour une personne à revenus modestes. Au final, 1 480 euros de reste à charge en moyenne par famille. (Source : Mutualité française).
Plus généralement, les dépenses de prise en charge de la dépendance se montent en moyenne à 1,5% du produit intérieur brut (PIB) dans les pays de l’OCDE. En France, « la dépendance représente un coût de 35 milliards d’euros en 2010″ a souligné Jean Louis Davet, représentant de la mutualité française au sein de groupes de réflexion sur la dépendance. De ces 35 milliards d’euros, 25 milliards proviennent de fonds publics (dont 5,2 milliards pour l’APA), soit une augmentation de 15,4% entre 2008 et 2010. Les autres 10 milliards constituent la part restante que payent les familles.
Quelques propositions de financement de la dépendance
Fin juin, les groupes de réflexion sur la dépendance, mis en place par le gouvernement depuis février dernier, rendront publiques diverses propositions. Celles-ci constitueront un sérieux appui pour la réforme de la dépendance à venir, normalement prévue pour la fin 2011. Néanmoins, François Fillon a déjà écarté quelques pistes, notamment celle de rendre l’assurance dépendance obligatoire. En effet, le premier ministre a souligné que l’assurance dépendance resterait « complémentaire et facultative« . « Trop contraignant, compliqué, voire injuste« , s’est-il expliqué.
François Fillon a de même affirmé son opposition à « l’augmentation générale de la contribution sociale généralisée (CSG) » accusant de lourdes conséquences sur l’emploi et l’activité. D’autres propositions, alors, « restent toujours sur la table« .
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans un avis du 15 juin sur la dépendance, envisageait deux recommandations. L’une concerne une éventuelle taxation à hauteur de 1% des successions et des donations, plus précisément ce que l’on appelle les « mutations à titre gratuit« . L’autre vise à rehausser la CSG des retraités, en fonction du revenu de ces derniers. Les retraités dont la pension est trop faible seraient exonérés de cette obligation. Ces deux mesures rapporteraient près de trois milliards d’euros supplémentaires dans les caisses de l’Etat selon le CESE.
Autre point de débat, les groupes de réflexion n’ont pas retenu l’hypothèse d’un « recours sur succession » selon Jean-Louis Davet. Une mesure qui pourtant, pourrait prendre tout son sens à en voir une certain « injustice, en comparaison à ceux qui touche l’impôt sur la fortune« s’exclamaient certains membres de l’auditoire, lors du débat du 9 Juin organisé par la mutualité française.
Des moyens à mettre en oeuvre
D’autres prérogatives sont pensées. Celle-ci concernent plus amont, des actions de proximité, et des lacunes à combler. Il s’agirait éventuellement de proposer des actions de prévention auprès des personne de 65 ans et plus, concernant les risques liés aux maladies neurodégénératives.
Par ailleurs, Vincent Desrousseaux, directeur d’un Etablissement d’hébergement pour personnes agées dépendantes (EHPAD), l’a souligné; une réflexion doit être portée, pour rendre meilleure, la coordination des soins. Trop souvent encore, les acteurs médicaux, sociaux et du médico-social travaillent de façon cloisonnée. Et certains établissements manquent toujours de rigueur dans la prise en charge de leurs patients.
Un volet formation est à prévoir, particulièrement en ce qui concerne les aidants, parfois dépourvus de moyens devant la perte d’autonomie d’un de leurs proches.
Pour aller plus loin :
http://www.elserevue.fr/2011/sur-la-route-du-cinquieme-risque/










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